Présentation Francophonies comparées
Objectif général du cours
Ce cours consistera à comparer plusieurs types de communautés francophones fondées chacune sur une approche différenciée de l’enjeu linguistique, dans le contexte d’une institutionnalisation de la francophonie internationale.
- Objectifs spécifiques
Comparer les francophonies pour mieux comprendre la francophonie dans sa diversité
En 20 ans, l’espace de la francophonie internationale s’est profondément transformé, multipliant ses secteurs d’intervention (éducation, démocratie, diversité culturelle) et renforçant son assise institutionnelle au rythme d’un Sommet de chefs d’États tous les deux ans. De leur côté, sous l’impulsion décisive de la Loi sur les langues officielles et de la question nationale au Québec, les francophonies canadiennes ont connu de profondes mutations à tel point qu’il est possible de parler d’une « voie canadienne » en matière de reconnaissance des minorités linguistiques. Le processus de politisation des communautés francophones a aussi touché, mais de manière très contrastée, bien d’autres communautés francophones d’Amérique (Louisiane, Antilles), d’Europe (Val d’Aoste, Romandie, Communauté française de Belgique…) et du reste du monde (Vanuatu, Afrique francophone, Nouvelle-Calédonie…).
La conséquence du développement de la reconnaissance politique de la francophonie a été un foisonnement de recherches, à tel point que de véritables réseaux canadiens (Francophonies d’Amérique, ICRML, CIRCEM, Réseau de recherche en francophonie canadienne…) européens (2IF, RIF) ou internationaux (CIEF, Chaires Senghor, Année francophone internationale, AUF, Association francophone de science politique…) se sont constitués.
Or, d’une part, parmi ces recherches, rares sont celles qui proposent une approche à la fois comparative et multiscalaire de ces communautés linguistiques ayant le français en partage. Ainsi, les recherches canadiennes sur l’enjeu linguistique paraissent souvent cloisonnées (francophonies minoritaires d’un côté, francophonie québécoise de l’autre, francophonie internationale enfin) et en général canado-centrées. Il en est de même pour les autres espaces, dont celui de la francophonie française, marquée par le rapport singulier entretenu entre la France et « sa » langue. Pourtant, chaque communauté francophone se trouve confrontée à plusieurs problématiques transversales à des degrés divers : reconnaissance politique, vitalité linguistique, statut du français, diversité culturelle et même linguistique sont autant d’enjeux qui touchent toutes les francophonies.
D’autre part, ces recherches sont très souvent « économes en personnages ». La francophonie internationale est surtout abordée sous l’angle de l’institutionnalisation et du rôle des États. Les francophonies canadiennes locales sont abordées surtout par l’intermédiaire d’approches sociodémographiques ou juridiques, et la Francophonie en France sous l’angle des Sommets, de l’institutionnalisation d’organisations internationales ou de la « géopolitique des langues ». Dans un cas comme dans l’autre, les acteurs politiques et sociaux, leurs stratégies, en un mot, leur « économie » est bien souvent absente de l’analyse.
C’est précisément pour répondre à ces questionnements que nous proposons ce cours sur les « Francophonies comparées ». Il doit permettre d’engager les étudiants et étudiantes vers des objets de connaissance de la francophonie de type analytique, en axant l’enseignement tout à la fois dans une perspective d’accès à la connaissance, mais aussi d’initiation à la recherche.
- Durée : environ 8h
- Pré-requis : des connaissances générales sur la Francophonie peuvent aider.